Un coup de tendresse — Andréa

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Admiration, Fessée

Note de l’auteur

Le message de ce texte est simple : « Les fessées c’est très bien ». Sachant que le sujet imposé est l’admiration de la fessée, vous pouvez voir que je ne suis pas allé trop loin dans ma réflexion. Certaines de mes premières lectrices y ont tout même vu un message politique et l’on m’a même remercié pour la pureté de mon féminisme ! Je m’avoue surprise et prise au dépourvu, car j’ai simplement voulu relater une histoire de soirée que mon ami Solange m’a racontée au café.

Le texte

Ses belles bonnes fesses rebondissent au rythme des fessées qui lui sont administrées. Soumise à cette bestiale délicatesse, c’est à chaque claquement de cette main venant la brusquer qu’elle hoquette de plaisir. À ce stade de la compétition, Solange de son prénom, n’est plus qu’une forme qui bouge et danse; à chaque battement, elle sort un peu plus de son corps, vers l’invisible dernier souffle. Elle en aurait même avalé son mépris de jeune femme de bonne condition pour devenir une connexion animale, une femelle, un organe, qui pour un temps, crie la libération de sa propre considération en chantant l’orgasmique mélodie.
À peine, une heure plus tôt, elle sirotait un gin tonic dans un luxueux salon du IX° arrondissement. Vers minuit, André est arrivé à la soirée, c’est un garçon au corps fin qui aime rire en buvant. Solange le connaît de l’université et cela fait un an qu’ils ne se sont pas vu. Ils boivent, s’amusent et se retrouvent parmi la foule. Fière, elle lui explique qu’elle réussit sa carrière professionnelle, qu’elle a « percé » car « on m’a publié dans les Echos ». L’expression « j’ai percé » gêne André qui lui fait aussitôt savoir, sans oublier de mentionner qu’il est tout de même content pour elle. Enfoncée dans le canapé en cuir renforcé, elle s’étend sur André qui lui oppose son corps en croisant les jambes vers la sortie. La vérité est qu’inconsciemment, André maîtrise son sujet sans y penser. À l’intersection entre agréable et insupportable, il joue à « je t’attire, je te repousse ». D’un ton paisible, il s’amuse de l’ego de la jeune femme, mais le plus important, c’est qu’il lui laisse comprendre qu’il la comprend. André dissimule toute nécessité, il sait que la femme est attirée par l’homme qui se laisse charmer. Le jeune homme n’est pas spécialement fier de son jeu, qui selon lui ne fonctionne pas grâce à son talent, mais à cause de la médiocrité de la majorité des hommes, qui halètent maladroitement leurs frustrations sexuelles, victimes et acteurs d’une société pornographique, où l’amour ne se fait que trop peu. Bon, il se flatte tout de même un peu lorsqu’il récolte ces petits fruits juteux. Et nous n’enlèverons pas à cela qu’en tant que jeune aventurier, il a pour ultime curiosité de voir quelle flamme animera les pupilles de la femme, lorsqu’il la délivrera de son esprit par l’offrande de son être-sexe. Solange ne fait pas exception à la règle. Elle a en effet le coin de l’œil qui pue le cul, dans le sens bourgeois du terme. Son insupportable dynamisme a trouvé son charme et André y a déjà perçu les premières étincelles.
Alors que le salon se remplit, Solange fait signe à André de le suivre, il s’exécute en pensant qu’elle allait lui montrer une jolie peinture. Les deux jeunes gens traversent 150 m2 d’appartements à 15 000 euros le m2, pour rejoindre la chambre d’amis. Saoul, André la suit bêtement. La porte de la chambre franchie, Solange se retourne vers lui pour l’embrasser, avant que celui-ci ne puisse s’en étonner.
Quelques minutes s’écoulent avant que leurs silhouettes fusionnent dans une bruyante symbiose aux chevauchées effrénées. Tandis que Solange se met sur ses quatre pattes, elle sent un liquide de volupté ruisseler le long de ses cuisses. Le contact de ces fraîches coulées sur sa peau en ébullition lui provoque une intense sensation de plénitude. André et Solange expirent un souffle volcan en même temps, tandis que se frottent leurs organes bouillonnants.
Mais d’un faible coup, Solange revient à ses esprits. André lui a claqué les fesses d’une main molle, comme si ce n’était qu’une formalité. “Me faire ça à moi, dans un pareil moment” se dit-elle. “Je devrais me rhabiller et me servir un gin-tonic, plutôt que de baiser avec ce charlatan, cet incapable, ce sexe mou, qui seul et sans couille ne mérite même pas sa propre main.” En bref, elle s’insurge du manque d’honnêteté d’André. « Plus fort ! » s’exclame-t-elle. André ne s’adonne pas aux regrets et se met à la fesser à temps régulier, avec une surprenante autorité. La cinglante répétition de ces coups pourrait être perçue comme un acte dégradant en vue de la voix morale ordinaire. Mais, bien heureusement, les ponctuations angéliques de la jeune femme ne font que confirmer le bon accueil de son agressivité.
Avec un peu de recul Solange, qui a par le passé obtenu une licence de psychologie, ramènerait son admiration pour les fessées au plaisir honteux que causait la main de son père sur ses fesses d’enfants. Elle se rappelle de ce jour car elle pleurait par convention tout en se mordant la lèvre pour ne pas sourire devant le regard bas de sa mère. Elle se faisait punir pour avoir volé un bijou à sa meilleure amie. Aujourd’hui encore, elle ne cache pas en raffoler.
Après avoir vidé leurs âmes des plus douces sensations, Solange et André, gluants et entremêlés, se laissent bercer dans un parfait confort. Les cœurs ronronnent, tandis que peu à peu, ils reprennent conscience de l’espace-temps. Ils entendent de nouveau la musique émanant du salon et cela leur donne envie de fumer une cigarette. Solange se lève pour aller chercher son paquet dans son jean qu’elle avait enlevé en hâte, il y a de ça une vingtaine de minutes. En se levant de son ivre repos elle se regarde dans le miroir et aperçoit l’impeccable contour de la main d’André dessiné rouge sur sa fesse droite. Le regard des deux aimants se croise alors d’un air complice et enjoué.

Andréa

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